Oligui Nguema admet enfin que le CTRI, c'est le PDG en treillis !

Oligui Nguema admet enfin que le CTRI, c'est le PDG en treillis !
« Le PDG soutient (...) Brice Clotaire Oligui Nguema ».

On comprend désormais pourquoi l'élection a été programmée pour le 12 avril, un mois jour pour jour après le 12 mars, fête traditionnelle du parti qui a enfoncé le Gabon dans le chaos.

MÉKAMBO—Selon une dépêche de l'Agence gabonaise de presse (AGP), « Le Parti démocratique gabonais fait le choix de soutenir Brice Clotaire Oligui Nguema, candidat auquel le peuple s’identifie, qui donne d’action dans son programme et qui a déjà recueilli des résultats probants dans l’exercice du pouvoir ».

C'est donc officiel : le CTRI, c'est le PDG en treillis !

Le chef de la junte du CTRI, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema vient de recevoir un soutien qui, en d’autres circonstances, aurait dû sonner comme une absurdité : le Parti démocratique gabonais (PDG), l’appareil politique qu’il dit avoir renversé en août 2023, a officiellement endossé sa candidature à la présidentielle du 12 avril.

Cette annonce grotesque confirme ce que les esprits lucides dénoncent depuis le premier jour : Oligui Nguema n’a jamais été un fossoyeur du régime Bongo, mais bien son continuateur, un PDGiste en treillis.

Cette clarification de la situation n'est rien d'autre que du vaudou politique. L’homme qui s’est présenté comme le sauveur du Gabon face à un régime prédateur se voit désormais adoubé par les vestiges mêmes de ce régime, preuve flagrante qu’il n’a jamais été question d’un changement réel.

Ils avaient donc raison ceux qui, à l'instar du professeur Albert Ondo Ossa, qualifiaient dès 2023 son putsch de révolution de palais, un simple règlement de comptes au sein de la même élite composée de gangsters.

Le PDG n’a jamais été vaincu

Car qu’est-ce que le PDG, sinon l’organe tentaculaire qui a étouffé la démocratie gabonaise pendant plus d’un demi-siècle ? Comment peut-on croire à la moindre rupture alors que ceux qui ont pillé et trahi ce pays se rangent docilement derrière le chef des putschistes ? Le PDG n’a jamais été vaincu. Il a seulement troqué la cravate pour les galons.

Derrière cette mascarade, l’objectif est limpide : assurer la continuité d’un système qui, sous un vernis de transition, ne cherche qu’à se perpétuer. Oligui, en bon stratège du chaos, veut s’appuyer sur l’ossature du PDG pour légitimer sa prise de pouvoir. En retour, le parti y voit son salut : tant que l’armée et les anciens caciques avancent main dans la main, aucune véritable alternative ne pourra émerger.

Cette manœuvre est une insulte à l’intelligence des Gabonais. Le peuple, lassé des jeux de dupes, sait reconnaître un écran de fumée. Oligui Nguema n’a pas démantelé le PDG : il l’a ressuscité sous une autre forme. Et si cette supercherie fonctionne, alors c’est la preuve que le coup d’État du 30 août 2023 n’était qu’une pièce de théâtre. Les acteurs ont changé de costume, mais la mise en scène reste la même.

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