"Taxe d'habitation": avec Oligui, le propriétaire devient locataire

"Taxe d'habitation": avec Oligui, le propriétaire devient locataire
Le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, surnommé « président de la trahison » par un activiste.

Si le CTRI s’arroge le droit de taxer sans raison valable, il s’arroge aussi le droit de déposséder. Que fera-t-il des tombes sur ces terrains ?

MALINGA—Le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, surnommé « président de la trahison » par un activiste, continue de prouver que sa gouvernance repose sur l’absurde. Sa dernière lubie ? Imposer une « taxe sur le logement », en arguant que ce type d'impôt existe déjà dans d’autres pays comme la France ou les États-Unis. Mais cette justification est soit le fruit d’une profonde ignorance, soit d’une malhonnêteté délibérée.

Comparaison n’est pas raison

Ce que le général putschiste, chef de la junte du CTRI, ne dit pas, c'est que dans les pays cités en exemple, les impôts fonciers et taxes d’habitation financent des services publics visibles et accessibles : écoles, infrastructures, aide au logement, allocations chômage, services municipaux. En contrepartie de leur contribution fiscale, les citoyens bénéficient de mécanismes de solidarité qui garantissent un minimum de protection sociale.

Au Gabon, aucune contrepartie n’a été annoncée. Ni amélioration des infrastructures, ni accès élargi à l’éducation, ni protection sociale renforcée. L’argent ira-t-il simplement grossir les poches d’une élite dirigeante déjà coupée des réalités du peuple ? Tout porte à le croire, car Oligui Nguema n’a même pas pris la peine de maquiller son projet sous un prétexte social.

Une attaque contre le patrimoine ancestral

Au-delà de l’absurde, cette taxe est une attaque directe contre les traditions et le patrimoine familial des Gabonais. Dans un pays où les habitations sont souvent transmises de génération en génération, où les tombes des ancêtres reposent sur les concessions familiales, comment justifier une taxe sur un bien dont la valeur est avant tout spirituelle et culturelle ?

Et si un citoyen n’a pas les moyens de payer cet impôt arbitraire, que se passe-t-il ? Son foyer sera-t-il saisi par l’État ? Verra-t-on les forces de la transition expulser des familles de leurs propres terres, profaner les sépultures de leurs ancêtres sous prétexte d’arriérés fiscaux ? L’histoire nous apprend que lorsqu’un État s’arroge le droit de taxer sans raison valable, il s’arroge bientôt le droit de déposséder.

Une transition vers la prédation

Loin d’être une mesure économique réfléchie, cette taxe sur le logement n’est qu’un énième instrument de prédation, un racket institutionnalisé visant à pressurer davantage une population déjà asphyxiée par la crise économique. Un pouvoir illégitime, sans vision ni programme, ne peut survivre que par l’extorsion. Et c’est exactement ce que fait Oligui Nguema.

Les Gabonais doivent refuser ce pillage organisé sous couvert de fiscalité. Un État qui impose sans offrir de services en retour est un État parasite. Un dirigeant qui méprise l’histoire et les traditions de son peuple ne mérite ni respect ni obéissance.