Grève du pétrole: l'économie du Gabon au bord du chaos

Cette grève illimitée est un nouvel exemple de l'immaturité de la junte du CTRI, au pouvoir depuis le coup d'État de 2023.
MOABI —Le Gabon, un pays dont l'économie repose largement sur l'exploitation de ses ressources pétrolières, fait face à un nouveau défi qui pourrait avoir des répercussions majeures sur son avenir économique.
En effet, depuis le 22 février 2025, les employés du secteur pétrolier sont entrés en grève illimitée, un mouvement qui, selon une dépêche de l'Agence Gabonaise de Presse (AGP), est motivé par des préoccupations liées aux retards accumulés dans le traitement de leurs revendications par la commission chargée des questions essentielles des travailleurs.
Cette grève, décidée lors de l'assemblée générale de l'Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) le 15 février, témoigne d'une situation de plus en plus tendue dans un secteur vital pour l'économie du pays. En effet, le pétrole représente une part considérable du produit intérieur brut (PIB) gabonais, constituant l'une des principales sources de revenus et d'exportations.
Ainsi, toute perturbation dans ce secteur est un signal d'alarme non seulement pour les travailleurs concernés, mais aussi pour l'ensemble de la population gabonaise, qui pourrait voir ses conditions de vie affectées.
Cette grève illimitée est un nouvel exemple de l'immaturité de la junte au pouvoir depuis le coup d'État de 2023. En dépit de la situation économique fragile du pays, la junte semble incapable de gérer efficacement les revendications sociales et de trouver des solutions aux problèmes structurels qui affectent des secteurs stratégiques comme celui du pétrole. Les retards dans le traitement des questions des travailleurs ne font qu'ajouter à une liste croissante de tensions sociales qui mettent en lumière l'incapacité du régime actuel à répondre aux besoins de la population.
Le secteur pétrolier gabonais, qui joue un rôle crucial dans la croissance économique et la stabilité financière du pays, ne devrait pas être négligé par un gouvernement qui cherche à consolider son pouvoir. Au contraire, il devrait être un pilier sur lequel reposer les fondations d'un Gabon prospère et stable. Mais la situation actuelle montre que la junte privilégie ses intérêts politiques et personnels au détriment du développement économique durable et de la stabilité sociale.
Symptôme d'une gouvernance défaillante
Cette grève illimitée est donc bien plus qu'une simple contestation de conditions de travail ; elle est un symptôme d'une gouvernance défaillante et d'une incapacité à gérer les secteurs stratégiques du pays. Si cette situation perdure, le Gabon risque de se retrouver face à une crise économique majeure, alimentée par des tensions sociales qui auraient pu être évitées avec une gestion plus responsable et mature.
Le peuple gabonais, pris en étau entre des dirigeants déconnectés de leurs réalités et des travailleurs qui cherchent légitimement à défendre leurs droits, mérite mieux. La junte doit prendre conscience des conséquences de ses décisions et réagir de manière urgente et responsable afin d'éviter que cette crise ne se transforme en un cercle vicieux qui mettrait en péril l'avenir du pays.