Haute trahison: Oligui modifie la constitution en catimini

La manipulation de la constitution par la junte du CTRI est une fraude d’une gravité extrême assimilable à une haute trahison.
MAKOKOU — Le Gabon est une fois de plus plongé dans une controverse constitutionnelle d’une gravité exceptionnelle. Alors que le peuple gabonais pensait avoir pris un pas vers une gouvernance plus transparente et respectueuse de l’état de droit, la junte du CTRI au pouvoir dirigée par le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema s’est engagée dans une énième manœuvre scandaleuse, démontrant une fois encore son dédain pour la volonté populaire.
Selon des révélations de Gabon Media Time, les articles 28, 46 et 93 de la nouvelle constitution, adoptée par référendum le mois dernier, ont été « insidieusement modifiés » avant leur promulgation officielle. Un acte qui constitue non seulement une fraude manifeste, mais également un acte de haute trahison.
Une manipulation grossière
Cette altération du texte constitutionnel post-fact est une insulte directe à la souveraineté du peuple gabonais. Lorsqu’un référendum est organisé, il représente l’expression la plus pure de la démocratie directe.
Toute tentative de modifier les termes approuvés par le peuple constitue une violation flagrante de cette souveraineté. Les articles concernés, qui établissent des principes fondamentaux pour l’organisation politique et sociale du pays, ont été modifiés de manière à renforcer le contrôle de la junte, au détriment des garanties démocratiques.
Le caractère « insidieux » de ces modifications est particulièrement révélateur des intentions de la junte. Il ne s’agit pas d’une maladresse ou d’une erreur administrative, mais bien d’une stratégie délibérée visant à consolider un pouvoir illégitime.
En agissant ainsi, la junte gabonaise ne se contente pas de bafouer les principes démocratiques, elle se rend coupable d’un acte assimilable à une haute trahison. La Constitution est censée être le pilier de la légalité et de la stabilité institutionnelle ; en la manipulant, la junte fragilise davantage un pays déjà éprouvé par des années d’instabilité.
Silence complice de la communauté dite internationale
Face à cet acte scandaleux, où est la communauté internationale ? Les instances régionales et internationales ont jusqu’à présent adopté une position tiède, voire complaisante, envers les agissements de la junte gabonaise.
Ce silence assourdissant renforce le sentiment d’impunité des dirigeants illégitimes. Il est urgent que des sanctions fermes soient envisagées et que des mécanismes de surveillance soient mis en place pour garantir le respect de la volonté du peuple gabonais.
Appel à la mobilisation
Le peuple gabonais ne peut rester passif face à une telle dérive. Les acteurs de la société civile, les organisations politiques et les citoyens doivent s’unir pour exiger des comptes. Il ne s’agit pas simplement de rétablir la véracité du texte constitutionnel, mais aussi de défendre les principes fondamentaux de la démocratie et de l’état de droit.
La manipulation de la constitution gabonaise par la junte est une fraude d’une gravité extrême, qui menace non seulement la stabilité du pays, mais aussi les espoirs d’un avenir démocratique pour ses citoyens. Cet acte de haute trahison ne doit pas rester impuni. Il appartient au peuple gabonais et à la communauté internationale de se mobiliser pour exiger justice et responsabilité.