Oligui, trouillard : plus de 520 jours sans affronter les médias !

Pourquoi le général Oligui Nguema a une peur bleue du micro et des caméras ?
MALINGA — Depuis sa prise de pouvoir par effraction le 30 août 2023, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema n'a accordé aucune interview aux médias ni tenu de conférence de presse. Une absence de communication publique somme toute problématique à plusieurs niveaux.
Du point de vue de la gouvernance démocratique, le silence du général-président Oligui Nguema est une insulte aux principes fondamentaux de transparence et de reddition de comptes.
Dans toute démocratie ou même dans une transition prétendument dirigée vers un régime plus juste, il est essentiel que le chef de l’État s'adresse directement au peuple à travers les médias. L’absence de dialogue avec la presse empêche les citoyens de comprendre les intentions et les orientations de leur dirigeant.
Un soldat poltron
Sur le plan éthique, refuser de communiquer avec la population et les médias trahit un manque de respect pour le droit à l’information. Le peuple gabonais, qui a été témoin d’un changement brutal de leadership, mérite des explications et une vision claire pour l’avenir. Ce silence peut être interprété comme un mépris pour les citoyens, ou pire : on peut voir transparaître une trouille du micro laissant planer des doutes sur la légitimité et les véritables intentions du nouveau pouvoir.
D’un point de vue politique, l’absence de communication est une stratégie risquée, surtout si Oligui Nguema envisage de se présenter à l’élection présidentielle d’avril. Les candidats qui aspirent à des fonctions électives doivent établir une relation de confiance avec les électeurs. Le refus de dialoguer publiquement affaiblit cette confiance et renforce les suspicions sur ses intentions et sa capacité à gouverner de manière inclusive.
Un petit devant Assimi Goïta
Par tradition, les chefs d'État africains issus de coups d’État ont souvent cherché à légitimer leur pouvoir par des conférences de presse. Ibrahim Traoré au Burkina Faso, Abdourahamane Tiani au Niger, et Assimi Goïta au Mali ont tous adopté des approches plus ouvertes, en s’adressant régulièrement à la nation et en détaillant leurs feuilles de route pour la transition. Leur communication, bien que parfois critiquée, a montré un minimum de volonté de transparence et de dialogue.
En contraste, la posture d’Oligui Nguema révèle un leadership cloisonné et peu enclin à la transparence. Nous sommes donc en face d'un militaire poltron !
Ce comportement est un mauvais présage pour la démocratie gabonaise. Un dirigeant qui refuse de parler à la presse en période de crise ne peut pas être le bon homme pour mener le pays vers un essor démocratique tant attendu.
Le Gabon a besoin d’un leader capable de dialoguer, d’écouter et de rendre des comptes y compris par voie de presse. Le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, par son silence obstiné et sa peur du micro et des caméras, prouve qu’il n’est pas l'homme qu'il faut à la tête du Gabon.