Présidentielle au Gabon : Oligui et Billie By Nze sont ensemble

Le général putschiste et le plus grand menteur de la république ont signé un pacte diabolique visant à entuber les Gabonais. Ne tombons pas dans leur piège.
MITZIC—À deux mois de l’élection présidentielle prévue le 12 avril, le spectacle offert par le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema et l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie By Nze est une insulte à l’intelligence des Gabonais. Leur petit jeu, cousu de fil blanc, vise à détourner l’attention des véritables enjeux et des vrais opposants, en installant une fausse rivalité au sein du régime CTRI-PDG désormais ressuscité.
Dernier épisode en date : dans la province du Nord, des bangandos fidèles à Oligui ont bloqué la route pour empêcher un convoi de sympathisants de Bilie By Nze de circuler. Pourquoi cette manœuvre grotesque ? Parce qu’elle sert un double objectif.
D’un côté, elle offre à l’ancien Premier ministre l’image d’un opposant persécuté, donc crédible aux yeux d’une frange de l’opinion. De l’autre, elle façonne un duel artificiel dont l’issue est déjà connue.
Le régime militaire sait parfaitement que Bilie By Nze est honni par une large partie de la population gabonaise. Il est un pur produit du système Bongo, complice de décennies de corruption et de pillage des ressources nationales. Le promouvoir en chef de l’opposition, c’est s’assurer une victoire facile et maquiller la mascarade électorale en simulacre de démocratie.
Mais ne soyons pas dupes : cette tentative de manipulation vise à verrouiller l’élection avant même que la campagne ne débute. La vérité est que ni Oligui Nguema ni Bilie By Nze ne sont éligibles.
Le premier a lui-même signé la Charte de la transition qui interdit aux ministres de la transition de se présenter; or, il était ministre de l'intérieur et de la défense lors du premier gouvernement de la transition. Il avait aussi promis de remettre le pouvoir aux civils à l'issue de la transition.
Le second, Alain-Claude Bilie By Nze quant à lui, devrait être en prison pour les innombrables malversations commises sous le régime Bongo. Pourtant, les deux s’agitent comme s’ils étaient les seules options disponibles pour l’avenir du Gabon.
Loin des jeux de coulisses et des mises en scène grotesques, les Gabonais doivent garder les yeux rivés sur l’essentiel : la confiscation de leur droit à un véritable changement.
La seule voie pour éviter cette énième mascarade est de rejeter ce simulacre de duel et de se mobiliser pour porter une opposition réelle et crédible au pouvoir. Le Gabon mérite mieux qu’une élection truquée avant même d’avoir eu lieu.