Présidentielle au Gabon : Oligui se choisit des opposants fantaisistes

La présidentielle du 14 avril n'est qu'une mise en scène avec des pantins grotesques dont la seule mission est de créer l'illusion d'un scrutin pluraliste.
MÉKAMBO — Le 14 avril prochain, le Gabon est appelé aux urnes pour une élection présidentielle qui s'annonce comme une vaste supercherie orchestrée par le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, chef de la junte du CTRI. Face à lui, une galerie de faux opposants, composée de parfaits inconnus, d'illustres incompétents incapables de rassembler au-delà de leur quartier, et de pantins grotesques dont la seule mission est de créer l'illusion d'un scrutin pluraliste. Comment en est-on arrivé là ?
Tout d'abord, par une sélection arbitraire et inique des candidats. Les véritables adversaires du régime ont été exclus à coups d'exigences absurdes en matière de résidence, d'âge et de caution financière exorbitante. Ces barrières, conçues sur mesure, visent à verrouiller l'accès au pouvoir et à transformer le Gabon en une oligarchie où seuls les affidés du régime peuvent prétendre à des rôles de premier plan.
Ensuite, Oligui Nguema a mis à profit les ressources publiques pour mener une campagne déguisée sous prétexte de tournées officielles. Parcourant le pays aux frais de l'État, il distribue à tour de bras des milliards de francs CFA sans le moindre contrôle, achetant les consciences et neutralisant toute opposition réelle. Là où une gouvernance responsable mettrait en place des politiques équitables et durables, Oligui se livre à un clientélisme cynique, consolidant son emprise sur un peuple pris en otage.
Pire encore, le général s'est assuré que la justice — dernier rempart contre les abus — soit sous son joug. En nommant un membre de sa propre famille à la tête de la Cour constitutionnelle, il s'est offert une garantie en béton armé contre toute contestation électorale. Comment une telle institution, censée assurer l'intégrité du scrutin, pourrait-elle statuer en toute indépendance alors qu'elle est entre les mains d'un proche du prétendu candidat « naturel » du CTRI-PDG ?

En réalité, Brice Clotaire Oligui Nguema n'est qu'un vulgaire escroc de bas-étage, un imposteur qui se pare du manteau du chef d'État pour mieux duper son peuple. La présidentielle du 14 avril n'est qu'un simulacre, une mise en scène élaborée pour conférer une apparence de légitimité à un pouvoir usurpé.
Mais le peuple gabonais n'est pas dupe. Il voit et comprend que cette farce électorale ne vise qu'un seul objectif : offrir à Oligui Nguema un mandat « démocratiquement » validé, tout en maintenant le Gabon dans une spirale d'injustice et d'oppression.
L'Histoire jugera. Mais d'ores et déjà, une chose est certaine : ce 14 avril, ce n'est pas une élection qui se joue, mais l'avenir d'une nation prise en otage par un homme qui n'a jamais eu l'intention de lui rendre sa liberté.