Présidentielle au Gabon : Oligui, tricheur hors catégorie

Présidentielle au Gabon : Oligui, tricheur hors catégorie
Le général Brice Clotaire Oligui Nguema, chef de la junte du CTRI.

Oligui devient « un civil en treillis » et fixe l'élection pour coïncider avec la fête du PDG, le parti des Bongo. Message subliminal d'un tricheur avéré.

MINVOUL — Le Conseil des ministres à Libreville a fixé la date de l’élection présidentielle au 12 avril 2025, selon le communiqué final relayé par l’Agence Gabonaise de Presse. Soit un mois jour pour jour après le 12 mars, date d'anniversaire du Parti démocratique gabonais (PDG).

Cette annonce ne laisse aucun doute sur les intentions réelles de la junte du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), dirigée par le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema.

En déplaçant cette échéance cruciale d’août à avril, la junte tente une fois de plus de biaiser les règles du jeu électoral à son avantage, au mépris des principes d’équité et de transparence.

Une élection avancée de manière suspecte
Depuis des décennies, les élections présidentielles au Gabon se sont toujours tenues en août, respectant ainsi une tradition établie. Le choix d’avancer la date au mois d’avril déroge à cette pratique, et cette décision unilatérale de la junte soulève des interrogations légitimes. Pourquoi une telle précipitation ? La réponse est évidente : réduire le temps de préparation des potentiels adversaires pour les empêcher de s’organiser efficacement. Ce stratagème s’inscrit dans une stratégie globale visant à verrouiller le processus électoral en faveur de la junte et de son leader.

Oligui devient « un civil en treillis »
En parallèle, l’assemblée de transition – entièrement composée de membres nommés par le général Oligui – vient de voter une loi permettant aux militaires en activité de se présenter aux élections. Cette décision marque une rupture avec le droit électoral précédent qui interdisait aux membres des forces armées d’occuper des fonctions électives sans démissionner au préalable.

Cette mesure éhontée n’a qu’un seul objectif : ouvrir la voie à une candidature d’Oligui lui-même tout en lui permettant de rester à la tête de l’armée. Il sera donc candidat-général. Une telle situation créerait un conflit d’intérêts flagrant et constituerait une grave menace pour l’équité du processus électoral.

En 2009, même Ali Bongo, alors ministre de la défense, n'a eu d'autre choix que de démissionner de son poste ministériel après avoir déclaré son intention de se présenter à l'élection présidentielle. En conservant ses galons, le général-candidat Oligui est pire qu'Ali Bongo !

Un précédent dangereux pour la démocratie
Autoriser des militaires en activité à briguer des mandats électifs établit un précédent dangereux qui pourrait saper les fondements de la démocratie gabonaise. L’impartialité des institutions républicaines serait irrémédiablement compromise, et l’armée deviendrait un instrument de pouvoir politique au service de ses propres intérêts. En agissant ainsi, la junte du CTRI envoie un message clair : elle est prête à sacrifier les principes fondamentaux de la république pour assurer sa mainmise sur le pays.

« Tout sauf Oligui ! »
Face à ces manœuvres antidémocratiques, il est impératif que la population gabonaise se mobilise. L’avenir du pays dépend de la capacité des citoyens à se rassembler derrière un mot d’ordre clair : « Tout sauf Oligui ! ». Ce slogan doit devenir le cri de ralliement de toutes les forces vives du pays déterminées à défendre la démocratie et à mettre fin à la captation du pouvoir par une élite militaire. En fait, même Mbwa le chien de Nzeng-Ayong doit remporter cette élection s'il se retrouve seul face à Oligui.

Ensemble, refusons de laisser la junte transformer notre chère patrie en une dictature militaire.

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