Remaniement au Gabon : Mays Mouissi, bouc émissaire d'Oligui

Remaniement au Gabon : Mays Mouissi, bouc émissaire d'Oligui
Le général Oligui Nguema (2e à partir de la droite) avec Mays Mouissi (2e à partir de la gauche).

Mays Mouissi a été débarqué pour détourner l'attention de l'incompétence du chef de la junte, le général Oligui Nguema.

MÉKAMBO — Le remaniement ministériel dicté mercredi par le chef de la junte gabonaise, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, n'est qu'un leurre destiné à distraire l’opinion publique.

Avec 36 membres, contre 31 dans l’équipe précédente selon l'Agence gabonaise de presse, ce "nouveau" gouvernement n’est qu’une continuation des anciennes pratiques, agrémentée de quelques ajustements cosmétiques.

Mays Mouissi, bouc émissaire facile

Le limogeage du ministre des Finances, Mays Mouissi, est présenté comme une action forte. Pourtant, si son éviction était effectivement nécessaire – et aurait dû être actée bien plus tôt – elle ne masque en rien l’inertie et l’incompétence généralisées qui gangrènent toujours ce gouvernement.

Se débarrasser de Mays Mouissi – qui est désormais ministre de l’Environnement et du Climat – ne résout aucun des problèmes structurels auxquels le Gabon est confronté. Le Gabon est toujours surendetté et notre général-président n'a annoncé aucune mesure pour diminuer les dépenses inutiles qu'il accumule ici et là.

Le départ de Mays Mouissi semble davantage être une tentative visant à détourner l’attention et de donner l’illusion d’un changement.

Des mollusques administratifs toujours en poste

Comment expliquer la présence persistante de ministres qui ont fait preuve de leur incompétence ou qui traînent des casseroles monumentales ? Deux exemples flagrants illustrent l’hypocrisie de ce remaniement.

Mireille Minkoue, ministre des fraudes
Mireille Minkoue, connue pour ses pratiques frauduleuses, demeure inexplicablement à son poste. Elle a osé altérer de manière illégale le texte de la Constitution après son approbation par les électeurs.

Ce crime, qui bafoue la souveraineté du peuple, aurait dû lui valoir un limogeage immédiat et des poursuites judiciaires. Pourtant, elle est toujours en poste, continuant à incarner un mépris total pour les institutions qu’elle est censée réformer.

Paul Gondjout, facilitateur de l’impunité
Paul Gondjout, pour sa part, illustre à merveille l’incapacité du gouvernement à garantir une justice équitable et à lutter contre l’impunité. Depuis sa nomination, il a brillé par son inaction.

Aucun effort sérieux n’a été consenti pour enquêter sur les tortures infligées aux prisonniers, les évasions spectaculaires de criminels ou encore les massacres survenus lors de la descente brutale sur le QG de Jean Ping en 2016. Son maintien au ministère de la Justice montre clairement que la lutte contre l’impunité n’est pas une priorité.

Une réforme cosmétique, pas structurelle

Ce remaniement est une farce. En sacrifiant quelques figures tout en conservant des ministres notoirement incompétents ou corrompus, le régime tente de donner une apparence de changement sans rien changer en profondeur. Le peuple gabonais mérite mieux qu’un simple jeu de chaises musicales. Ce dont le pays a besoin, c’est d’un véritable bouleversement, d’une réforme systémique qui débarrasse le gouvernement de ses éléments toxiques.

Le limogeage de Mays Mouissi, aussi justifié soit-il, ne doit pas détourner l’attention. La réalité est que le Gabon ne pourra avancer qu’avec une refonte totale de son administration.

Ce "remaniement" n’est rien d’autre qu’un camouflage destiné à masquer l’échec persistant du régime à répondre aux aspirations du peuple gabonais.

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