Un sous-officier gabonais torturé à mort : les députés doivent enquêter

Un sous-officier gabonais torturé à mort : les députés doivent enquêter

Des mesures exemplaires doivent être prises : des démissions, des limogeages, voire des poursuites judiciaires.

MINVOUL —Les réseaux sociaux se sont embrasés ce week-end avec des images insoutenables montrant un officier de la marine gabonaise, torturé à mort par des éléments des services spéciaux, selon des activistes. Le motif de cet acte atroce ? Cet officier était affecté à la sécurité du général Jean-Martin Ossima Ndong, chef d’état-major de l'armée nationale et secrétaire général au ministère gabonais de la défense, précise l'activiste Omwanawintché via Facebook. Le général aurait signalé le vol de bijoux de grande valeur à sa résidence et fait convoquer tous les agents qui se relayaient en poste chez lui. Au final, ce sous-officier est retrouvé à la morgue de l'hôpital militaire du PK9, avec d'horribles signes de torture.

L’indécence de cette tragédie ne saurait être minimisée. Comment est-il possible qu’un homme ayant juré de protéger sa patrie devienne la cible de ses propres frères d'armes ? Si les faits s’avèrent, cet épisode nous plonge dans les profondeurs de la barbarie humaine et soulève des questions fondamentales sur l’état de notre nation.

Une ironie glaçante

Il y a moins de six mois, des voix triomphantes proclamaient que le Gabon était enfin libéré du joug de l’injustice et de la corruption. Les militaires, dans un geste acclamé par beaucoup, ont pris les rênes du pays au nom de la justice et de la restauration des valeurs républicaines. Mais quel espoir reste-t-il quand ceux qui prétendent être les gardiens de l’ordre se transforment en bourreaux, et que des allégations aussi sordides surgissent contre les protecteurs supposés de nos citoyens ?

Une enquête urgente et des responsabilités à assumer

La gravité de ces accusations appelle une réponse claire et immédiate. Le Parlement de la transition doit se saisir de cette affaire avec l’urgence qu’elle impose. Les familles gabonaises, en deuil et en colère, méritent la vérité. Si les responsabilités remontent à des hauts gradés ou à des figures influentes, des mesures exemplaires doivent être prises : des démissions, des limogeages, voire des poursuites judiciaires.

Nous exigeons que la lumière soit faite sur cet acte ignoble. Le Gabon ne peut se prétendre une nation éclairée tout en tolérant de telles horreurs dans l’ombre. Si nous n’agissons pas maintenant, ce silence complice risque de détruire davantage le tissu moral de notre société.

Ne pas rester silencieux

Ce drame n’est pas qu’une affaire de justice ; c’est une question d’âme nationale. Chaque citoyen, chaque institution, chaque représentant doit s’exprimer. Refuser de poser des questions, c’est abandonner notre devoir envers ceux qui ne peuvent plus parler pour eux-mêmes. La mort tragique de ce sous-officier doit être un point de non-retour pour l’impunité.

Que justice soit rendue. Pour le Gabon, pour notre humanité.

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